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Dijon, capitale des ducs de Bourgogne

1356.

La guerre de Cent Ans ravage la France. Sur les plaines du Poitou, les bannières se brisent, les chevaux s’effondrent, et l’armée du roi Jean II le Bon ploie sous la pluie de flèches des archers du Prince Noir. La bataille de Poitiers tourne au désastre : les chevaliers sont fauchés, le roi capturé.

Dans ce chaos, un adolescent de quatorze ans reste aux côtés de son père. Philippe, le plus jeune fils du roi, combat avec une ténacité qui surprend. Les chroniqueurs rapportent qu’il se tient fidèle, malgré la défaite. De cet épisode naît son surnom : Philippe le Hardi.

Sept ans plus tard, en 1363, ce jeune prince reçoit le duché de Bourgogne. Commence alors un siècle hors du commun. Le duché n’est pas un royaume, mais il agit comme tel : officiellement vassal du roi de France, il en devient l’un des plus sérieux rivaux. Dijon, choisie comme capitale, devient une cour brillante.

La puissance bourguignonne repose sur des atouts concrets : les Flandres et leurs grandes cités marchandes — Bruges, Gand, Anvers — qui contrôlent une partie du commerce européen ; une armée redoutée, financée par ces richesses ; une cour fastueuse, qui attire artistes et lettrés. Les ducs nouent des alliances, s’unissent parfois aux Anglais, et rêvent d’un État continu, de la mer du Nord à la Méditerranée.

Et aujourd’hui, en arpentant ses ruelles, en levant les yeux vers ses toits vernissés ou en franchissant les portes du palais des Ducs, on va forcément à la rencontre de cette histoire. Dijon est ainsi la porte d’entrée idéale pour commencer un voyage au cœur de la Bourgogne. 

Samedi 27 septembre 2025

Le mois de septembre a des humeurs changeantes. Samedi dernier, Angers suffoquait encore sous 30 degrés, mais quelques jours plus tard, Paris a connu l’une de ses pires pluies de saison depuis quarante ans. À Dijon, on annonce 6 degrés au petit matin — un froid sec qui contraste avec l’éclat d’un soleil timide. Tout laisse penser qu’il faudra voyager entre les gouttes.

Nous quittons Paris par le train de 11h17. Dans notre voiture, une famille venue du Pakistan occupe plusieurs rangées : le père photographie sans relâche, la mère esquisse des croquis, les enfants s’agitent, costumés, tandis que les grands-parents oscillent entre fatigue et tendresse. Plus loin, un jeune homme de Belfort somnole contre la vitre. En 1h30, le paysage nous dépose à Dijon.

Le ciel reste maussade, mais peu à peu, la lumière s’infiltre. La Bourgogne, pour moi, a longtemps été une image réduite à l’autoroute : des kilomètres monotones de collines vallonnées, un simple passage entre le Sud où je vivais et Paris. Dijon m’était restée étrangère, aperçue seulement à dix-neuf ans lors de quelques visites rapides chez Philippe, un ami d’école de cinéma.

On arrive donc peu après midi. Après avoir déposé notre valise dans notre airbnb en plein centre ville, on entame la découverte de la ville. On a vraiment de la chance, le soleil resplendit. D’innombrables petites chouettes en bronze parseme la voie. Le « chemin de la chouette » est un itinéraire balisé dans le vieux Dijon qui permet d’admirer l’architecte médiévale de la ville et…de toucher la fameuse chouette.

Le parcours balisé de la chouette

La chouette

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