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Jour 16 : Sumos, Laque Bleue et Bateau Manga

Date : Vendredi 16 mai 2025 | Lieu : Tokyo (Ryogoku, Asakusa, Odaiba)

01. Réveil Whisky et Déception Immobilière

La journée commence par un petit-déjeuner improvisé, accompagné visuellement (je précise, pas consommé !) par une bouteille de Whisky Kurayoshi Matsui. Le whisky japonais est une institution, souvent primé mondialement pour sa finesse. Mais l’humeur est en demi-teinte. Notre appartement de Yanaka, choisi pour son authenticité, nous donne le bourdon. Mal agencé, pas vraiment chaleureux. À Tokyo, le choix du quartier est crucial. Yanaka est charmant le jour, mais peut-être trop calme pour une fin de voyage où l’on cherche l’énergie de la ville.

02. Ryogoku : Au Pays des Géants

Direction Ryogoku, le quartier sacré du Sumo. L’ambiance est posée dès la sortie du métro : nous croisons des lutteurs (Rikishi) en yukata et sandales de bois (Geta). Ils sont massifs, imposants, mais ce ne sont probablement que des apprentis (Deshi). Ce qui frappe, c’est l’indifférence polie des Tokyoïtes. Pas de selfies, pas d’attroupement. Au Japon, on respecte l’intimité, même celle des demi-dieux vivants. Je brûle de dégainer mon appareil photo, mais je me plie au code local : observation discrète du coin de l’œil.

L’échec de la billetterie Nous arrivons devant le Kokugikan (l’arène nationale). Les tambours résonnent. C’est le grand tournoi de mai (Natsu Basho). J’avais tenté d’acheter des billets depuis la France : mission impossible. Le site officiel sature instantanément à l’ouverture des ventes (souvent en pleine nuit pour nous). Le système de réservation à la journée entière favorise les locaux et les revendeurs. Sans réseau ou sans passer par une agence spécialisée coûteuse, le touriste lambda reste à la porte. Nous nous contentons de l’atmosphère du quartier : statues de sumos, McDonald’s décoré aux couleurs des lutteurs, et boutiques vendant tout et n’importe quoi à leur effigie.

03. Vers la Skytree et le Trésor Bleu

Nous marchons vers la Tokyo Skytree. Avec ses 634 mètres, c’est la plus haute tour du Japon (et l’une des plus hautes du monde). Elle domine le quartier d’Oshiage, autrefois populaire et industriel, aujourd’hui transformé. Au pied de la tour, je récupère enfin la montre commandée pour mon ami Jérôme. Il est 4h du matin à Paris, impossible de confirmer avec lui si c’est le bon modèle. Je l’achète à l’instinct. (Spoiler : c’était la bonne).

En longeant le quartier de Sumida, je tombe sur une pépite : une boutique d’artisanat local. Je craque pour une tasse laquée bleue (Ataka Lacquer ?). La laque japonaise (Urushi) est un art millénaire. Cette tasse est d’une légèreté irréelle, douce au toucher, avec un bleu profond qui semble capter la lumière. C’est le genre de souvenir qui, chaque matin de retour en France, me rappellera la douceur de ce moment.

04. Asakusa et la Folie du Sanja Matsuri

Nous traversons le parc Sumida pour rejoindre Asakusa. Coup de chance incroyable : nous sommes le vendredi 16 mai 2025, jour d’ouverture du Sanja Matsuri. C’est l’un des trois grands festivals shinto de Tokyo. Il célèbre les trois fondateurs du temple Senso-ji. L’ambiance est électrique. Des milliers de personnes, des stands de street-food (Yatai) partout. Nous déjeunons d’Onigiri (boules de riz) achetés dans la rue. Vers 13h30-14h00, nous assistons à la grande parade (Daigyoretsu). Des chars, des musiciens, des danseurs en costumes traditionnels, des geishas… C’est bruyant, coloré, joyeux. Le Japon, souvent perçu comme réservé, explose ici de vie communautaire.

05. Croisière Futuriste : Le Himiko

15h00. Nous embarquons sur le Himiko (ou le Hotaluna). Ce n’est pas un bateau-mouche ordinaire. Dessiné par Leiji Matsumoto (le créateur d’Albator et Galaxy Express 999), il ressemble à un vaisseau spatial chromé. Nous glissons sur la rivière Sumida. Les ponts défilent, l’architecture change : nous passons du vieux Tokyo (Asakusa) au Tokyo futuriste de la baie. Nous apercevons le bâtiment de la brasserie Asahi (l’Asahi Beer Hall), célèbre pour sa « Flamme d’Or » signée Philippe Starck (surnommée affectueusement « la crotte dorée » par les locaux).

06. Odaiba : La Plage et la Liberté

Arrivée à Odaiba Seaside Park. Odaiba est une île artificielle gagnée sur la mer (Polder). C’est le quartier des loisirs et du shopping. On y trouve une réplique de la Statue de la Liberté (érigée pour « l’Année de la France au Japon » en 1998 et restée car trop populaire). Avec le Rainbow Bridge en fond, c’est un spot photo surréaliste. Malgré la démesure des centres commerciaux et le siège futuriste de Fuji TV (avec sa sphère en titane), le quartier est étrangement calme, presque vide par endroits. Tokyo est une mégalopole qui sait ménager des silences.

07. Toyosu : Le Onsen avec Vue

Fin de journée au Toyosu Senkyaku Banrai (ouvert en 2024). C’est un complexe adjacent au nouveau marché aux poissons de Toyosu. Au sommet, le Manyo Club offre un Onsen de luxe avec vue panoramique sur la baie de Tokyo. Se baigner dans l’eau chaude en regardant les lumières de la ville s’allumer est magique. Après le bain, nous descendons dans la zone de restauration qui reconstitue une rue d’Edo. Nous goûtons au Monjayaki.

Monjayaki vs Okonomiyaki : C’est la spécialité de Tokyo (et rivale de l’Okonomiyaki d’Osaka). La pâte est beaucoup plus liquide. Sur la plaque chauffante, cela ressemble à… pas grand-chose de très appétissant visuellement (un peu « baveux »), mais le goût est incroyable, caramélisé et savoureux. On le mange à la petite spatule.

22h00. Nous rentrons en longeant les autoroutes urbaines. Les murs antibruit transparents transforment la ville en film muet. Tokyo scintille, immense et apaisée. Une journée parfaite de contrastes.


🎎 Encadré Culture : Sanja Matsuri

Si vous êtes à Tokyo le 3ème week-end de mai, c’est immanquable.

  • Le Mikoshi : C’est le cœur du festival. Ce sont des sanctuaires portatifs (palanquins) pesant parfois une tonne. Ils abritent les Kami.
  • La transe : Les porteurs (hommes et femmes) le font tanguer violemment (« Tamafuri ») pour réveiller et amuser les esprits. C’est physique, suintant, et parfois les Yakuza locaux montrent fièrement leurs tatouages (habituellement cachés) lors de cet événement.

🚢 Encadré Design : Le Bateau Himiko

Leiji Matsumoto a conçu ce bateau comme une larme de métal.

  • L’intérieur : Pas de pont extérieur (tout est vitré), ce qui peut être frustrant pour les photos mais offre une clim appréciable.
  • La voix : Les annonces à bord sont faites par les doubleurs des personnages de Galaxy Express 999 (Tetsuro et Maetel). Un must pour les fans d’anime.

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